Urgences de Lyon-sud : laissé seul huit heures, sans eau, ni médicaments

C’était le vendredi 14 octobre, dans l’après-midi. Bernard Rebaud, tétraplégique, ressent soudainement des douleurs, sur le côté droit, en bas des côtes. Cet habitant de Saint-Genis-Laval, âgé de 53 ans, est atteint par la maladie de Charcot depuis six ans : « C’est une maladie neurodégénérative incurable qui détruit tous muscles du corps jusqu’à la mort », explique-t-il. Il ne peut ni parler, ni bouger et communique à l’aide d’un ordinateur ou d’une ardoise.

« Je me résous à appeler un médecin, raconte-t-il. Je n’ai pas de fièvre, juste une importante douleur. Devant mon mal et la SLA (1) il me conseille d’aller aux urgences. »

Son médecin décide de prévenir l’hôpital de son arrivée. Bernard Rebaud se rend aux urgences de Lyon-sud avec son épouse aux alentours de 22 heures.

Ce vendredi soir, le service est surbooké. Il commence par attendre deux heures avant d’être pris en charge. Finalement, il est près de minuit quand les infirmières prennent les premières informations : « Mon épouse, pensant que la prise en charge était assurée, me laisse, en expliquant comment communiquer avec moi », (lire par ailleurs).

Installé sur un brancard inconfortable, il attend. Mais personne ne vient le voir : « Je me retrouve dans le couloir des urgences au milieu d’une véritable cour des miracles digne d’un roman de Victor Hugo ! Je suis très mal installé, mes mains s’engourdissent, ma nuque se raidit et mes jambes ont des spasmes ! » raconte-t-il.

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Suite à cet article, la direction de l’hôpital  de Lyon Sud a réagi et a proposé une réunion avec les médecins responsables des urgences à Bernard Rebaud. Cette rencontre est fixée  au mardi 22 Novembre à suivre

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4 Comments

  1. C’est dégueulasse. Et ce n’est pas le premier, ni le dernier. Atteinte elle aussi de la maladie de Charcot, ma mère a passé une nuit aux urgences d’un hôpital lyonnais l’été dernier. Pendant la nuit, elle a été accompagnée puis laissée sur des toilettes souillées ( de la merdre sur le bord du wc). Elle devait se tenir à la cuvette pour ne pas tomber et attendre ainsi le retour interminable du personnel qui n’avait pas nettoyé la cuvette avant de l’installer. Franchement, ma mère en bavait assez et n’avait pas besoin de ça. Comment faire confiance après ce genre d’expérience ? Et je passe, sur tous les médecins qui n’ont pas diagnostiqué la gravité de sa maladie pendant des années et qui ont fait preuve d’une lamentable indifférence. Jusqu’au jour, on est enfin tombé sur un médecin qui a fait preuve de professionnalisme et qui nous a proposé les examens diagnostiquant la SLA.
    Merci Bernard pour ton témoignage et ton courage.

    • Bonjour Sandrine

      Oui l’accueil dans les services d’urgence devient de plus en plus déplorable. Et que l’on dise pas c’est la faute de moyens. Certes les difficultés financières sont une réalité mais cette humanitude ( une aptitude une posture),font défaut à une minorité de personnel soignant.

      Je t’invite a relaté cette très mauvaise expérience de ta maman au Responsable des Usagers de l’hôpital en question Ils sont là pour ça Tu trouveras ses coordonnées sur le site de l’hôpital ou en appelant l’accueil ou en utilisant ce lien http://www.chu-lyon.fr/web/4541#1
      Amicalement
      Patrick Halet

  2. Nous avons connu cela il y a quelques semaines… Il n’y avait plus de lits pour accueillir papa. On nous a dit qu’il devrait attendre 3 jours sur un brancard avant d’avoir la chance d’avoir un lit qui soit libéré. On a choisi de le transférer dans un autre hôpital. Malheureusement,il est décédé 2 jours après…
    C’est déplorable de traiter les gens de la sorte… Quelqu’un qui a travaillé toute sa vie n’a même pas le droit à un traitement décent… Vive la France !

    • Bonjour

      Je t’invite à relater cette très mauvaise expérience auprès du Responsable des Usagers de cet hôpital Tu trouveras ces coordonnées sur le site de l’hôpital ou auprès de l’accueil ou sur le site de l’Agence Régionale de Santé ( ARS) dont dépend celui-ci

      Amicalement
      Patrick Halet

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