Les métaux lourds des poissons associés à un risque accru de la maladie de Charcot

La consommation de poissons riches en métaux lourds pourrait multiplier par deux le risque de la maladie de Charcot, pathologie neurodégénérative rare qui touche 5500 personnes en France et 1 personne sur 20.000 dans le monde, indique une étude américaine qui sera présentée au congrès international de neurologie le 22 avril à Boston.

Les poissons contaminés aux métaux lourds comme le mercure constitue un facteur de risque dans la maladie de Charcot, selon une étude de l’association américaine de neurologie.

La sclérose latérale amyotrophique (SLA), aussi connue sous le nom de maladie de Charcot, est une maladie neurodégénérative grave, qui apparait le plus souvent entre 50 et 70 ans, et qui conduit au décès dans les 3 à 5 ans qui suivent le diagnostic.

Jusqu’à présent suspecté, ce risque environnemental a été vérifié par des chercheurs du Dartmouth College (New Hampshire) aux Etats-Unis auprès d’un panel de 518 patients, dont 294 étaient atteints par la maladie, en regardant le type, la quantité de poisson qu’ils consommaient, à quelle fréquence tout en prenant en compte le lieu d’approvisionnement des produits (magasins ou pêches).

D’après les résultats, une majorité de patients (61%) faisaient partie des 25% qui ont ingéré le plus de mercure au cours de l’année passée, contre 44% pour les sujets sains.

Selon l’étude, les participants qui ont mangé la plus grande quantité de poisson et de fruits de mer régulièrement doublaient leur risque d’être malade, comparés aux sujets présentant des niveaux de mercure inférieurs.

Ce constat a été confirmé par les niveaux de mercure retrouvés dans les ongles des orteils de pied des patients : Plus les taux étaient élevés, plus le risque associé à la maladie de Charcot était élevé.

Espadon, requin, thon, daurade à éviter

Espadon, requin, marlin, thon, daurade, lamproie comptent parmi les poissons prédateurs qui contiennent le plus de mercure, susceptibles d’endommager le système nerveux central, tandis que les poissons à chaîne courte comme les sardines ou les maquereaux ont des niveaux inférieurs.

Concernant le mercure, la limite réglementaire se situe à 0,5 mg/kg de poisson frais. A noter que le bio et les poissons d’élevage ne sont pas épargnés par les contaminations, selon de précédentes études.

Pour s’assurer des quantités intéressantes d’oméga-3 sans s’intoxiquer, les autorités sanitaires conseillent de choisir des poissons et fruits de mer comme l’anchois, le capelan, l’omble, le merlu, le hareng, le maquereau, le meunier noir, la goberge, le saumon, l’éperlan, la truite arc-en-ciel, la corégone, le crabe, la crevette, la palourde, la moule et l’huître.

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