Avancer sans culpabiliser

Le décor de l’aide à l’autonomie s’enrichit cette semaine de deux rapports : celui du sénateur Georges Labazée sur l’aide à domicile (et la tarification) et celui de la député Joëlle Huillier sur les « baluchonneurs » qui deviendraient relayeurs à domicile pour soulager les proches aidants sur 36 heures.

Ces rapports soulignent le risque d’épuisement professionnel, le manque d’attractivité des métiers de l’aide et du soin.

Aux Assises nationales des Ehpad, la santé et qualité de vie au travail (SQVT) était aussi à l’ordre du jour avec les chiffres alarmants de la CNAM-TS : l’indice de fréquence des arrêts est de 68 pour 1000 dans le BTP (bâtiment et travaux publics), 90 pour 1000 pour les Saad, 120 pour 1000 dans les Ehpad.

Près de quatre fois la moyenne nationale (34 pour 1000).

« On n’améliore jamais ce qu’on ne mesure pas » a rappelé Christine Jeandel du Colisée sur les enjeux RSE (responsabilité sociale et environnementale des entreprises > voir cette semaine un zoom sur le Label « Restau responsable » en EHPAD).

La prise de conscience monte parmi les managers des établissements et services pour personnes âgées.

Mais le sentiment d’impuissance aussi… face aux polypathologies des personnes prises en soin, face à l’épuisement des proches, des familles, face aux tensions sur les budgets et tarifs, qui devraient trouver des pistes de négociation, sur objectif (indicateurs) via les CPOM (contrats pluriannuels d’objectifs et de moyens) mais aussi face aux résistances aux changements de paradigme (je pense au livre « Guérir Alzheimer » cette semaine mais aussi à la démarche « Label Humanitude » saluée par de nombreux professionnels aux Assises des Ehpad).

« Il nous faut impérativement trouver, retrouver du sens à nos métiers« , a souligné Claudy Jarry de la Fnadepa. Le manager devient « Chief Happiness Officer » : celui qui guide, soutien ses équipes vers une vision positive de ses missions.

Cela demande beaucoup d’énergie des équipes de direction, qui sont peut-être trop seules. Il leur faut dire les choses, assumer la vision, refuser l’indignité … Sans culpabiliser, mais sans lâcher.
Tels des vigiles, des gardiens de la dignité, jusqu’au bout de la vie, a souligné le Pr Emmanuel Hirsch de l‘Espace Ethique IDF (voir la charte « Valeurs du soin en institution »).

Mais quel plaisir d’être fier de son service, des accompagnements proposés.

Quel plaisir de pouvoir recommander sa structure à ses proches… à nous demain !

Annie de Vivie fondatrice d’Agevillage, directrice des formations Humanitude

 

Source : Edito : Avancer sans culpabiliser | AgeVillagePro

Posted in Revue de presse.

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