UNE THÈSE D’ANDRÉ COLPAERT UTILE POUR LES SOIGNANTS

 
SLA et douleur : étude de cohorte rétrospective sur 5 ans au sein de l’Hôpital à Domicile de Nantes et création d’un outil d’aide pour les soignants.
« la SLA est une pathologie grave et incurable, avec atteinte des motoneurones. L’évolution défavorable et la perte d’autonomie rapide amènent ces patients à être régulièrement pris en charge en HAD avec des prises en soins lourdes et complexes aux nombreuses problématiques. La douleur est l’une d’elles. Matériel et méthode : nous avons réalisé une étude de cohorte monocentrique rétrospective concernant les patients hospitalisés en HAD de Nantes de 01/2011 à 12/2016, atteints de SLA. Nous avons d’abord recueilli les informations sur les symptomatologies douloureuses et les prises en charge associées, puis comparé ces données à la littérature cela dans le but de construire un outil pratique d’aide à la prise en soins de la douleur par les soignants. Résultats : sur les 53 patients inclus, 70% présentaient des douleurs. Leurs douleurs étaient majoritairement nociceptives (46%), mais aussi neuropathiques (8%), mixtes (8%) et musculaires, type crampes (5%). Aucune différence significative n’a été mise en évidence selon le sexe, la forme de la pathologie, l’autonomie ou la présence d’une VNI. Les traitements pharmacologiques retrouvés sont principalement des antalgiques de palier 1 (73.6% des patients) suivis des paliers 3 (39.6%). 5.7% des patients ont eu recours à un AINS, 15.1% à un antiépileptique, 3.8% à un antidépresseur, 13.2% à un myorelaxant, 1.9% à un anesthésique local. Divers intervenants ont participé à la prise en soins : kinésithérapeutes (94%), ergothérapeutes (25%), psychologues (60%), orthophonistes (55%), sophrologues (13%). A partir de ces données nous avons réalisé un triptyque à destination des soignants. Discussion : la prévalence de la douleur dans notre cohorte correspond aux chiffres de la littérature même s’il existe une grande variabilité d’expression douloureuse selon les études. Il n’y aurait pas de variabilité de la symptomatologie selon le stade. Il existerait, comme dans notre étude, une primauté des douleurs nociceptives vis-à-vis des douleurs neuropathiques restant à démontrer. Concernant les douleurs nociceptives, paracétamol et AINS sont la première ligne de traitements, suivie des différents paliers de l’OMS avec notamment les opioïdes aidant sur le plan respiratoire. Nous retrouvons ces schémas thérapeutiques dans notre cohorte. Pour les douleurs neuropathiques, plusieurs traitements ont l’AMM mais seule la gabapentine a bénéficié d’une étude randomisée. On note une sous-utilisation de ces thérapeutiques dans notre cohorte. La prise en charge passe aussi par un ensemble de mesures non médicamenteuses : kinésithérapie, ostéopathie, psychothérapie, ergothérapie plus ou moins réalisées dans notre cohorte.
Conclusion : la fréquence de la douleur dans cette population est importante avec des prises en charge plus ou moins adaptées nécessitant la poursuite d’études thérapeutiques mais aussi de formations pour améliorer la qualité de vie des patients. Nous espérons par le triptyque réalisé à l’occasion de cette étude pouvoir contribuer à améliorer ces prises en soins. »
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